Paris Capitale 2025

Assemblea generale ordinaria Susllf e convegno

18-19 settembre 2025, Università degli Studi di Verona

Colloque annuel SUSLLF Université de Vérone

18 et 19 septembre 2025

 

Depuis la thèse de Pierre Citron Paris dans la poésie française de Rousseau à Baudelaire jusqu’à la Sociolinguistic History of Parisian French par Raymond Anthony Lodge et à Paris Babel. Histoire linguistique d’une ville-monde de Gilles Siouffi, en passant par Italo Calvino et Yves Bonnefoy, Giovanni Macchia et Éric Hazan, les travaux sur Paris – monographies et ouvrages collectifs, à visée scientifique ou de vulgarisation, anthologies et guides littéraires – se sont multipliés et diversifiés au fil des décennies, en France comme à l’étranger, tant dans le domaine de la linguistique française que dans celui des études culturelles. À l’occasion du colloque annuel de la SUSLLF qui aura lieu à Vérone les 18 et 19 septembre 2025, les contributions se focaliseront en particulier sur le statut de Paris capitale, sur la centralité, tour à tour revendiquée et contestée, du modèle linguistique et culturel que cette ville représente dans l’espace francophone.

“La langue de la République est le français”. C’est ainsi que l’article 2 de la Constitution entérine le rôle aussi bien politique que socio-culturel de la langue française sur l’ensemble du territoire français. Nul ne doute l’existence du français en tant que langue nationale ; néanmoins, tout locuteur se trouve dans la difficulté de pouvoir définir avec exactitude cette langue, chacun employant un français qui lui est propre et qui, tout en tendant vers l’idéal du standard, s’en démarque d’une manière ou d’une autre.

Il est possible de faire correspondre ce rôle focal couvert par la langue française au rôle de centre propulseur joué par la ville de Paris, en tant que capitale. Comme le souligne Gilles Siouffi dans Paris Babel , « Dans l’histoire de la France, dont la ville [Paris] a été très tôt capitale, elle a représenté un pôle central. Au Moyen Âge, elle était l’unique ville fortement peuplée. C’est en grande partie là que s’est construit le français, ou du moins la façon jugée la plus correcte de parler. “Il n’est bon bec que de Paris”, disait-on. Politiquement, économiquement, culturellement, Paris a été dans toute l’histoire française en position dominante, et l’est encore ».

Les contributions concernant le volet linguistique du colloque se concentreront autour de l’idée de français que Paris capitale dégage, dans l’affirmation aussi bien que dans la négation de cette même idée, du point de vue hexagonal ainsi que du point de vue, plus large, de la francophonie.

Pour ce qui est de l’affirmation ou de la négation de l’idée de langue nationale qui se dessine autour de Paris capitale, les communications porteront sur les institutions qui se configurent comme les garants de la langue française, comme par exemple la Délégation Générale à la Langue Française et aux Langues de France ou l’Académie française, et notamment sur les produits linguistiques émanant de ces institutions : dictionnaires, grammaires, ouvrages linguistiques, bases de données, etc. Plus généralement, les ouvrages qui se proposent d’enregistrer un modèle centripète de langue, même s’ils ne proviennent pas d’institutions étatiques, recouvrent un intérêt majeur pour ce colloque.

La définition d’un modèle de langue ne se fait pas uniquement par son affirmation mais également par sa négation : les discours et les textes qui déstabilisent cet idéal de langue, et qui proposent des contre- modèles, contribuent, à travers sa stigmatisation, à définir et identifier les contours de la langue française. Ainsi, les témoignages qui, sur des supports divers, à l’oral comme à l’écrit, se font un point d’honneur de se démarquer de manière explicite du modèle linguistique parisien, seront analysés selon les différentes approches phonétiques, morphologiques, lexicales, syntaxiques ou discursives.

L’idéal parisien de langue, dans ses qualités centripètes et centrifuges, plonge ses racines dans un idéal de langue nationale qui a parcouru toute l’histoire de la langue française et qui est essentiellement hexagonal ; par ailleurs, le français de France se définit assez difficilement par rapport à d’autres variétés de cette langue parlées à travers le monde. Le français extra-hexagonal, en revanche, se définit assez souvent par une mise en perspective du modèle parisien. Ainsi, les aspects de la francophonie qui contribuent à asseoir le rôle de référence dévolu au modèle de français proposé par Paris capitale, en le mentionnant toujours de manière explicite, seront également étudiés et analysés, et notamment : 1) les politiques linguistiques aptes à valoriser le modèle français, ainsi que celles qui s’en inspirent, du point de vue institutionnel – il suffit de penser, à titre d’exemple, aux institutions se proposant de favoriser la diffusion et/ou le maintien du français dans un territoire autre que la France, comme par exemple l’Office québécois de la langue française, et aux produits linguistiques émanant de ces institutions ; 2) les parlers des francophones, du point de vue des choix linguistiques, à l’oral comme à l’écrit, pour essayer de s’approcher ou de se détacher de l’idéal du français parisien.

De même, les contours, la fonction et la suprématie, effective ou présumée, de Paris capitale se profilent en littérature, tout comme sur le plan de l’histoire des institutions, dans la tension entre la ville idéale et la ville réelle, le pouvoir et la rue, le monument et la ruine, entre le patrimoine et la forme d’une ville en devenir, le centre et la périphérie, le local et le global, entre le Parisien et le provincial, l’habitant et le visiteur, les Français et les venus d’ailleurs. Depuis telle balade d’Eustache Deschamps jusqu’à l’Introduction de Victor Hugo au Paris Guide de 1867, la capitale française est souvent comparée aux grandes villes de l’antiquité et modernes en qualité de moteur de l’histoire et de theatrum mundi en miniature. Si Paris est tantôt magnifié en tant que « capitale de la sociabilité humaine » (Valéry) et centre névralgique de la vie intellectuelle et artistique à la tête de la nation, tantôt vitupérée en tant que « Chef qui tout succe » (Le Moyne) et « gouffre où se fond l’espèce humaine » (Mercier), les critiques dont Paris et le parisianisme font l’objet et jusqu’à leur condamnation, participent de la généalogie et de l’évolution du mythe littéraire de Paris capitale du XIXe siècle (Benjamin) et musée du XXIe (Thomas Clerc). De tableau en croquis, de vision d’ensemble en détails fragmentaires, de paysage en silhouette et de physiologie en flânerie, d’inventaire systématique en errance et de dérive en reportage multimédia, Paris s’impose comme agent de « poétisation de la civilisation urbaine » (R. Caillois) et, dans une perspective allégorique et métalittéraire, comme « capitale des signes » (Stierle), comme ville-mémoire cosmopolite mettant à l’épreuve l’intelligibilité du monde en même temps que ses marges d’illisibilité.

Les contributions concernant le volet littéraire du colloque viseront à interroger, à partir de plusieurs points de vue, les analogies et les passages entre espace urbain et espace textuel, les itinéraires tracés dans ce dernier, les « rhétoriques cheminatoires » (Certeau) qui s’y déploient, les métaphores qui s’y tissent, les figures et motifs récurrents qui le caractérisent, les impressions sensorielles, la « géographie sentimentale » (Sansot) et l’« ethnologie intime » (Goulemot et Oster) qui s’en dégagent. Et ce, en privilégiant à cette occasion des textes non fictionnels allant de l’historiographie à la chronique journalistique et poétique, de l’essai aux écrits autobiographiques et aux balades littéraires de toutes sortes. Au fil des siècles, ces textes forment un corpus où convergent plusieurs éléments : le descriptif et le narratif, le réel et l’imaginaire, le passé et le présent, le documentaire et le subjectif, l’individuel et le collectif, le remarquable et l’ordinaire. Un corpus qui, tout en se situant à la croisée de plusieurs genres, se constitue en une tradition, marginale peut-être, mais considérable, où Paris capitale s’inscrit non à l’arrière-plan, mais en tant qu’objet central et explicite d’un discours littéraire aux multiples implications historiques, idéologiques et poétiques.

Échéancier

- 15 avril 2025 : envoi des propositions, en format .doc, aux adresses suivantes : paolo.frassi@univr.it et stefano.genetti@univr.it. Les textes ne dépasseront pas le 3000 caractères espaces inclus, y compris la bibliographie.

- 31 mai 2025 : envoi aux auteurs des notifications d’acceptation ou refus des propositions.

- 15 juillet : envoi du programme prévisionnel. 

Comité Scientifique

Valeria Averoldi 
Riccardo Benedettini 
Maria Francesca Bonadonna 
Francesca Dainese 
Ruggero Druetta 
Paolo Frassi 
Stefano Genetti 
Rosanna Gorris Camos 
Paola Perazzolo 
Laura Santone 
Giuseppe Sofo 
Francesco Spandri 
Eleonora Sparvoli 
Giovanni Tallarico 
Fabio Vasarri

Comité d’Organisation

Silvia Bonavero 
Alessia Della Rocca 
Francesco Faresin 
Paolo Frassi 
Stefano Genetti

Déjeuners et dîner social

Prière de remplir ce formulaire d'inscription aux repas du colloque avant le 20 août: ceux-ci comprennent les déjeuners du 18 et 19 septembre (offerts par l'Université de Vérone) ainsi que le dîner social du 18 septembre (payant)

https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLSdyCxf93G_HeyCVPg0R82v7G6AXiE_BBOLewLeoUoDLum1ZnA/viewform

 

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